Depuis début octobre, j’ai publié 14 épisodes, avec une régularité qui est devenue, je l’espère, un rendez-vous attendu pour vous comme il l’est devenu pour moi.
Avant de plonger dans les thèmes qui ont émergé cette année, laissez-moi partager avec vous quelques réflexions sur l’expérience elle-même. Créer un podcast hebdomadaire, c’est un défi particulier. Chaque semaine, il faut trouver un sujet qui mérite d’être partagé, qui apporte de la valeur. Parfois, l’inspiration surgit naturellement d’une expérience vécue dans la semaine – une situation qui illustre parfaitement un concept, une conversation avec un collègue qui soulève une question intéressante. D’autres fois, je puise dans mon backlog d’idées, ce réservoir que j’enrichis au fil des lectures et des observations.
Sur la forme, j’ai trouvé ma routine. Mes canevas sonores et visuels se sont affinés, donnant une cohérence entre chaque épisode. Cette régularité dans la production facilite le travail, mais surtout, elle crée une identité reconnaissable. Et puis, il y a eu cette découverte étrange et universelle : l’acceptation de ma propre voix. Nous avons tous fait cette expérience troublante d’entendre notre voix enregistrée et de ne pas la reconnaître. La voix que nous entendons quand nous parlons n’est pas celle que les autres perçoivent. Avec le temps et la pratique, j’ai appris à accepter cette voix, à en faire un outil de communication plutôt qu’un sujet d’inconfort.
Mais revenons à l’essentiel : qu’avons-nous exploré ensemble cette année ? En analysant les épisodes publiés, trois grandes thématiques se dégagent naturellement. Elles forment le socle de ce que Pyxida cherche à transmettre : une approche pragmatique et humaine de la gestion de projet et de la transformation organisationnelle.

Premier thème : La prise de décision éclairée et pragmatique
La qualité des décisions est au cœur de la réussite de tout projet. Nous avons exploré différentes facettes de la prise de décision, en insistant toujours sur l’équilibre entre structure et flexibilité.
En se posant systématiquement les questions Qui ? Quoi ? Où ? Quand ? Comment ? Combien ? Pourquoi ? nous évitons les angles morts qui peuvent compromettre nos projets.
Mais interroger n’est pas suffisant. Il faut aussi documenter. La documentation des décisions assure leur compréhension par toutes les parties prenantes et crée une mémoire collective précieuse.
Nous avons également abordé la pensée systémique, cette capacité à voir au-delà du problème immédiat pour comprendre les interconnexions. Chaque problème s’inscrit dans un système plus vaste. Une solution qui règle un aspect peut en dégrader un autre si nous n’adoptons pas cette vision holistique.
Et puis, il y a le pragmatisme – peut-être la valeur la plus importante de toutes. Agir avec les moyens disponibles plutôt que d’attendre des conditions idéales. Savoir challenger ses idées avec un pair pour détecter les failles avant qu’elles ne deviennent critiques.
Cette approche équilibrée de la prise de décision permet d’avancer efficacement, même dans l’incertitude qui caractérise tant de projets.
Nous avons aussi rappelé que la qualité de nos décisions dépend de notre état physique et mental. Le sommeil, le mouvement, l’hydratation – ces facteurs biologiques fondamentaux influencent directement nos capacités cognitives. Un manager fatigué prend des décisions moins bonnes, c’est un fait. La haute performance commence par prendre soin de soi.
Deuxième thème : L’équilibre entre structure et adaptabilité
Cette tension productive entre cadrage et souplesse a traversé de nombreux épisodes. C’est peut-être l’un des défis les plus subtils de la gestion de projet : comment maintenir la rigueur nécessaire tout en restant adaptable face aux réalités du terrain ?
D’un côté, nous avons besoin de structure. Un périmètre clairement défini évite les dérives et les attentes irréalistes. Une utilisation un peu adaptée du RIDA permet de structurer les réunions, transformant des rassemblements potentiellement improductifs en sessions efficaces. La documentation rigoureuse des décisions créant de fait une base solide pour l’action.
Mais de l’autre côté, nous avons valorisé l’adaptabilité. Une planification flexible qui reconnaît que les plans doivent évoluer face aux découvertes et aux changements de contexte. Le modèle champion-challenger qui permet l’innovation en testant de nouvelles approches tout en maintenant la stabilité. La capacité à transformer les blocages en apprentissages plutôt qu’en échecs.
Cette dualité nous enseigne quelque chose d’essentiel : une gestion de projet efficace ne réside pas dans l’application rigide de méthodologies. Elle réside dans la création d’un cadre structurant qui permet justement l’adaptation aux réalités du terrain. Comme nous l’avons souligné dans un épisode, « la planification est un moyen, pas une fin en soi ». Elle doit servir la transformation, pas l’entraver.
Pensez à la navigation maritime. Un navire a besoin d’une destination claire, d’une route planifiée, d’instruments de mesure. Mais le capitaine doit constamment ajuster le cap face aux vents, aux courants, aux conditions météorologiques imprévues. C’est cette même sagesse que nous cherchons à cultiver dans nos projets.
Troisième thème : L’ancrage dans la réalité du terrain
Ce fil conducteur a peut-être été le plus constant. Rester connecté à la réalité concrète des projets n’est pas une option, c’est une nécessité absolue.
Cela commence par un changement de perspective fondamental : se concentrer sur les bénéfices réels tout autant, voir plus que sur les livrables. Un projet ne réussit pas parce qu’il produit des documents ou des systèmes. Il réussit parce qu’il génère de la valeur, parce qu’il améliore concrètement la vie des personnes concernées. Cette distinction semble évidente, mais combien de projets se perdent dans la production de livrables en oubliant pourquoi ils existent ?
L’observation directe sur le terrain est irremplaçable. Les rapports, les tableaux de bord, les indicateurs sont utiles, mais ils ne remplacent jamais la compréhension viscérale que procure l’observation directe. Voir comment les gens travaillent vraiment, comprendre leurs contraintes réelles, identifier les obstacles invisibles depuis une salle de réunion.
Nous avons aussi exploré l’importance d’impliquer les personnes concernées dans l’observation de leurs propres activités. Cette approche participative favorise un changement authentique et durable. Les gens n’acceptent pas facilement les solutions imposées de l’extérieur, mais ils s’approprient volontiers les améliorations qu’ils ont eux-mêmes identifiées.
Cette orientation terrain s’applique également à la collaboration. Quand le sens est partagé et que l’organisation est claire, une dynamique collective puissante émerge. Les meilleures équipes que j’ai observées combinent cette compréhension commune du « pourquoi » avec une clarté opérationnelle du « comment ».
En définitive, les meilleures solutions émergent de cette connexion avec la réalité opérationnelle plutôt que de modèles théoriques déconnectés. Cette orientation vers le terrain permet d’identifier plus rapidement les obstacles, d’ajuster les plans en conséquence et de maintenir l’adhésion des équipes. Elle crée aussi une humilité nécessaire. Nous ne savons pas tout depuis nos bureaux, et c’est en écoutant ceux qui font le travail que nous apprenons vraiment.
Au-delà des thèmes : une philosophie
Ces trois thèmes, la prise de décision éclairée, l’équilibre structure-adaptabilité, et l’ancrage terrain, ne sont pas des recettes isolées. Ils forment ensemble une philosophie de gestion de projet que j’appellerais « pragmatisme humaniste ».
Pragmatique, parce qu’elle privilégie ce qui fonctionne sur ce qui est théoriquement attrayant. Parce qu’elle valorise l’action sur la perfection paralysante. Parce qu’elle reconnaît que nous travaillons toujours avec des ressources limitées et des informations incomplètes.
Humaniste, parce qu’elle place les personnes au centre. Parce qu’elle reconnaît que les projets sont menés par des humains, pour des humains. Parce qu’elle valorise l’observation, l’écoute, la participation. Parce qu’elle rappelle que la performance durable commence par prendre soin de soi et des autres.
Cette philosophie guide tout ce que nous explorons dans Pyxida.
Les perspectives pour 2026
Ces premières semaines ont été une expérience très riche. L’aventure continuera en 2026 sur le même principe, toujours dans cet esprit de partage d’expériences concrètes et de réflexions concrètes.
Mon objectif pour l’année à venir est de faire évoluer le concept. Je réfléchis à explorer des thématiques légèrement différentes, peut-être des formats un peu plus longs pour approfondir certains sujets complexes. Je songe également à interviewer des experts de terrain qui viendraient partager leurs trucs et astuces, leurs échecs instructifs, leurs réussites inspirantes.
Mais la plus importante des évolutions, celle qui verra à coup sûr le jour en 2026, c’est un livre. Pas n’importe quel livre. Un livre avec un format particulier, complètement aligné avec la philosophie qui guide le concept Pyxida depuis le début. Un livre qui sera, lui aussi, un outil très concrets, interactif, au service de celles et ceux qui souhaite faire progresser leur projet pas à pas avec l’aide qu’il faut au moment où il l’a faut. Curieux ? Intéressé ? Gardez le contact, je vous en parlerai plus en détails prochainement.
Merci
Avant de conclure, je voulais remercier toutes celles et tous ceux qui m’envoient des commentaires, qui m’ont encouragé, qui m’ont partagé leurs propres expériences de podcast. Merci à ceux qui me soutiennent chaque semaine, et bien sûr à vous qui m’écoutez.
Il est assez particulier de parler “dans le vide”, de créer du contenu sans voir vos réactions en temps réel. Mais je sais que vous êtes là, et de plus en plus nombreux. Cela me fait progresser chaque jour et pour cela, un tout grand merci.
Le concept Pyxida a été créé pour vous. Pour les managers qui cherchent des approches pragmatiques. Pour les leaders qui veulent rester connectés au terrain. Pour tous ceux qui croient qu’on peut allier efficacité et humanité dans le travail.
2025 a été l’année de la naissance. 2026 sera l’année de la stabilisation de l’existant et du début d’une nouvelle phase de développement. Je me réjouis de partager tout cela avec vous.