Pour une bonne décision, dormez et bougez

Je séchais sur décision importante. J’avais analysé toutes les données, pesé le pour et le contre, et pourtant… ça bloquait. La solution n’apparaissait pas clairement.

Et cette fois encore, c’est au cours du weekend, en courant dans les montagnes valaisannes que la clarté est apparue sur la décision à prendre.

C’est ce qui m’a donner l’idée de vous parler des deux précieux alliés dans mon processus de prise de décision : le sommeil et le mouvement.

J’ai remarqué un schéma fascinant au fil des années. Lorsque je laisse une nuit de sommeil s’intercaler entre mon problème et ma décision, puis que j’intègre une activité physique comme une marche ou une course, les solutions émergent presque naturellement.

Cette observation n’est pas anecdotique. Pendant notre sommeil, notre cerveau travaille activement au traitement des informations accumulées durant la journée. Ce n’est pas pour rien qu’on dit que « la nuit porte conseil ». Quand nous dormons, notre cerveau consolide la mémoire, trie et organise les expériences vécues. Face à une décision complexe, ce traitement nocturne permet souvent de voir plus clair au réveil.

J’ai vécu cela lors d’un choix professionnel particulièrement difficile. Après des jours d’hésitation, je me suis accordé une pause. Au matin, la réponse m’est apparue avec une clarté surprenante. Ce n’était pas de la magie, mais le résultat d’un travail cérébral inconscient qui avait établi des connections que mon esprit conscient ne voyait pas.

Le sommeil offre également cette distance émotionnelle précieuse. Les décisions prises sous le coup de l’émotion sont rarement les meilleures. Une nuit de repos apaise ces émotions et permet d’aborder la situation avec plus de sérénité.

Mais qu’en est-il du mouvement ? Pourquoi marcher ou courir stimule-t-il tant notre réflexion ?

L’activité physique augmente l’irrigation sanguine du cerveau. Plus d’oxygène, plus de nutriments arrivent à nos neurones. Mais au-delà de cet aspect physiologique, le mouvement semble libérer notre pensée. C’est comme si le déplacement physique facilitait également le déplacement mental.

Je me souviens d’un projet qui stagnait. Bloqué devant mon écran, les solutions m’échappaient. C’est lors d’une simple marche en forêt que l’idée décisive m’est venue, sans effort apparent, alors que je ne « travaillais » même pas sur le problème.

Le rythme régulier de la marche ou de la course crée un état presque méditatif où l’esprit est à la fois actif et détendu. Dans cet état, notre cerveau établit des connections surprenantes entre des éléments qui semblaient auparavant disparates.

Il y a également quelque chose de fondamentalement naturel dans cette association entre mouvement et réflexion. Nos ancêtres réfléchissaient en se déplaçant, en chassant, en explorant. Notre cerveau est peut-être simplement conçu pour fonctionner de manière optimale lorsque nous sommes en mouvement.

Un autre aspect fascinant est le changement d’environnement. Quand nous restons dans le même lieu, notre cerveau s’habitue aux stimuli environnants et entre dans une routine cognitive. En nous déplaçant, nous exposons notre esprit à de nouveaux stimuli qui peuvent déclencher de nouvelles perspectives sur nos problèmes.

L’activité physique stimule aussi la production de substances qui influencent positivement notre humeur et notre capacité cognitive.

Comment intégrer concrètement ces deux alliés dans votre processus de décision ?

Premièrement, résister à l’urgence de décider immédiatement face à un choix important. Accordez-vous au moins une nuit. Ce simple délai peut transformer la perspective.

Deuxièmement, intégrer des périodes de mouvement dans la routine quotidienne, particulièrement lorsque vous êtes confronté à des défis. Une marche de 20 minutes peut faire des merveilles pour débloquer votre réflexion.

Quand vous vous sentez bloqué, ne restez pas figé devant le problème. Levez-vous, sortez, changez d’environnement. Laissez votre corps en mouvement aider votre esprit à se débloquer.

Et enfin, expérimentez différentes formes de mouvement pour découvrir ce qui fonctionne le mieux pour vous. Pour certains, c’est la marche en nature, pour d’autres, la natation ou le vélo. L’important est de trouver votre rythme.

En combinant sommeil et mouvement, vous ne forcez pas les solutions, vous créez les conditions idéales pour qu’elles émergent naturellement. C’est une approche qui respecte le fonctionnement naturel de notre cerveau et qui transforme la prise de décision en un processus plus fluide et moins stressant.

J’ai constaté que les décisions prises après cette combinaison de sommeil et de mouvement sont généralement plus alignées avec mes valeurs et plus créatives que celles prises dans l’urgence ou l’immobilité.

La prochaine fois que vous serez face à une décision importante, souvenez-vous de ces deux alliés précieux : donnez-vous le temps de dormir sur la question, puis mettez-vous en mouvement. Vous pourriez être surpris des résultats.